Simultanément aux effets de tensions, la corde est exposée à d'autres agents qui vont également transformer
sa structure. La présence de molécules d'eau crée notamment une réaction d'hydrolyse qui amène à des ruptures
des chaînes moléculaires. De même, les rayons ultraviolets, fortement énergétiques, encouragent ces ruptures.
Ainsi, dès ses premières heures d'utilisation, une corde perd progressivement ses performances.
Voyage au pays des cordes :
Para Chutes :
La force-choc (effort maximal sur le baudrier du chuteur) dépend du poids du chuteur, la hauteur de chute,
mais aussi de la longueur de corde totale disponible qui se tend et s'allonge sous l'effet de la chute.
Une chute de huit mètres, avec quatre mètres de corde entre le relais et le chuteur sera beaucoup plus
dure qu'une chute de huit mètres avec seize mètres de corde et un point de renvoi situé douze mètres
au-dessus du relais. Dans le premier cas, l'énergie de la chute n'est absorbée que par quatre mètres
de corde qui offrent alors une course d'amortissement quatre fois plus faible que dans le second cas
où seize mètres de corde vont s'allonger. La hauteur de chute et la longueur de corde faisant varier
en sens inverse la force-choc, celle-ci est proportionnelle à la racine carrée du rapport H sur L,
appelé facteur de chute.
Les cordes sont constituées de fibres de polyamide 6 ayant de bonnes caractéristiques, ainsi que
de bonnes possibilités d'absorption d'énergie. Neuve, cette fibre présente un grand degré de polymérisation
de ses molécules (longues chaînes moléculaires) avec un état de grand désordre entre elles (état amorphe).
Dès que des tractions s'exercent sur elles, les chaînes moléculaires se déplacent et ont tendance à s'aligner
dans le sens de la traction sans revenir tout à fait à leur place initiale lorsque la contrainte cesse. Après
de très nombreuses tensions successives, la structure évolue de l'état amorphe vers un état cristallisé. La
fibre perd ainsi progressivement de son élasticité et de sa capacité à absorber de l'énergie. Si les tensions
continuent, les chaînes moléculaires pourront aller jusqu'à se rompre.
La corde à simple est marquée par le symbole 1. Son diamètre varie de 10 (des cordes de 9,4 de diamètre
viennent d'être commercialisées) à 11,5 mm, pour un poids de 63 à 77 g au mètre. Elle doit toujours être
utilisée en simple (attention : au fil du temps une corde de diamètre dix millimètres peut être confondue
avec un brin de corde à double de neuf millimètres). La norme impose à ces cordes de supporter cinq chutes
extrêmes (facteur de chute égal à deux) avec une masse de quatre-vingts kilos. La force-choc enregistrée
lors de la première chute doit être inférieure à 1200 daN.
La corde à double est marquée par le symbole 1/2 rappelant qu'il s'agit en fait de demi-cordes qui
doivent toujours être utilisées en double. Son diamètre varie de 8,2 mm à 9 mm pour un poids de 46 à
56 kg. Considérant la progression en brins séparés, jadis systématiquement utilisée en artificielle
(où le second bloque le premier sur un brin et donne du mou sur l'autre et où le tracé sinueux des
voies engendrait des frottements importants), la normalisation a dû envisager qu'un seul brin de corde
à double devait pouvoir tenir une chute extrême (facteur deux) avec quatre-vingts kilos. Un test exigeant
une seule chute avec quatre-vingts kilos n'étant pas pertinent, on lui substitue un essai de cinq chutes
avec cinquante-cinq kilos (l'équivalence ayant été démontrée scientifiquement). Un brin de corde à double
est donc aussi sûr pour une personne pesant cinquante-cinq kilos, qu'un brin de corde à simple pour une
personne pesant quatre-vingts kilos.
Bien choisir sa corde :
Les critères «nombre de chutes élevé» et «force-choc faible» variant en général en sens opposé, il
faut sélectionner sa corde en fonction de son utilisation et en gardant à l'esprit les données qui suivent.
Le nombre de chutes est d'autant plus élevé qu'il y a davantage de matière, donc que le poids de la corde
et son diamètre sont plus élevés. Les faibles force-choc se trouvent généralement sur des cordes légères
et de faible diamètre. Il existe une corrélation entre la durée de vie théorique d'une corde et son nombre
de chutes. Ainsi, une corde multi-chutes pourra être utilisée plus longtemps en gardant de bonnes
caractéristiques. Un tissage bien serré de la gaine autour de l'âme offrira une meilleure résistance à
l'abrasion, mais une maniabilité médiocre (mesurée pas l'essai de souplesse du noeud). La corde sera donc
d'aspect plus rigide. Enfin, les noeuds réalisés sur cordes souples sont souvent difficiles à desserrer.
